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Mon chien tire en laisse

Chaque mètre gagné en tirant paie la traction. C'est pour cela que le problème s'aggrave avec les années au lieu de s'arranger, sans que personne ne l'ait décidé.

Pourquoi votre chien fait ça

Un chien tire pour une raison d'une simplicité désarmante : quand il tire, il avance. Chaque mètre gagné paie la traction. Le comportement s'entretient donc tout seul, à chaque sortie, sans que personne ne l'ait décidé. C'est de l'auto-renforcement pur, et cela explique pourquoi le problème s'aggrave avec les années au lieu de s'arranger.

Il faut y ajouter trois éléments que l'on oublie souvent.

La différence de rythme. Votre allure de marche n'est pas la sienne. Un chien en promenade alterne naturellement des accélérations, des arrêts prolongés sur une odeur, des demi-tours. Marcher à côté d'un humain qui avance à vitesse constante en ligne droite est un exercice profondément contre-nature. Ce n'est pas une excuse, c'est une donnée de départ.

Le réflexe d'opposition. Quand vous tirez sur la laisse, le chien tire dans l'autre sens. C'est un réflexe physique, présent chez tous les mammifères, et non un acte de défi. Une laisse tendue en permanence par le propriétaire produit donc mécaniquement un chien qui tire en permanence.

La frustration accumulée. Un chien qui sort peu, qui n'a pas le droit de renifler, dont la promenade est le seul moment de liberté de la journée, part comme un ressort. Le tirage est alors le symptôme d'un besoin non couvert, et aucune technique de marche ne le réglera tant que le besoin reste entier.

Une chose importante à savoir avant de commencer : la marche en laisse détendue est l'un des apprentissages les plus longs de l'éducation canine. Ce n'est pas vous qui échouez, c'est un exercice difficile, qui demande des semaines et non des jours. En contrepartie, il progresse régulièrement dès que la méthode est cohérente.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

N'utilisez ni collier étrangleur, ni collier à pointes, ni collier électrique. Au-delà de la question éthique, ils créent une association entre la douleur et ce que le chien regarde à cet instant, très souvent un autre chien ou un passant. C'est ainsi que l'on fabrique une réactivité en laisse en croyant régler un problème de traction.

Ne donnez pas de coups de laisse secs. Ils déclenchent le réflexe d'opposition et abîment la nuque, particulièrement sur un collier plat.

Ne laissez pas la laisse tendue en permanence en pensant garder le contrôle. Une laisse toujours tendue enseigne au chien à vivre en tension.

Ne changez pas de méthode tous les trois jours. Alterner entre l'arrêt, le demi-tour et le fait de laisser passer quand vous êtes pressé produit un chien qui ne comprend rien et qui tente sa chance à chaque sortie.

N'utilisez pas la laisse à enrouleur pour cet apprentissage. Elle est tendue en permanence par son ressort, elle enseigne exactement le contraire de ce que vous cherchez, et elle est dangereuse en milieu urbain.

Ne supprimez pas les arrêts pour renifler en espérant gagner du temps. Vous supprimeriez la partie de la balade qui satisfait réellement votre chien, et vous augmenteriez la traction.

Par où commencer

Étape 1 - Changez l'équipement. Un harnais bien ajusté, avec attache sur le dos ou sur le poitrail, et une laisse fixe de deux mètres environ. Une laisse trop courte ne laisse aucune marge de manoeuvre et rend l'exercice impossible pour tous les deux.

Étape 2 - Videz d'abord le trop-plein. Avant chaque séance de travail, offrez à votre chien de quoi faire baisser la pression : une session d'alimentation ludique (ration jetée dans le jardin ou sur le sol, tapis de léchage, Kong garni) ou dix minutes de reniflage libre en longe. On ne travaille jamais la marche sur un chien en surchauffe.

Étape 3 - Séparez la balade en deux temps, et dites-le clairement. Un temps de travail, court, cinq minutes suffisent, où l'on marche à laisse détendue. Un temps de liberté, plus long, où le chien renifle, traîne et choisit son rythme. Utilisez deux mots différents, toujours les mêmes, pour annoncer le temps qui commence. La quasi-totalité des échecs vient de propriétaires qui exigent la marche parfaite pendant une heure entière.

La suite, étape par étape

Cette page vous donne le mécanisme et les erreurs à éviter. La fiche conseil complète contient le protocole entier étape par étape, les variantes selon l'âge et le contexte, les blocages fréquents (« j'ai essayé, ça ne marche pas »), un plan de travail sur trois semaines et une auto-évaluation pour mesurer vos progrès.

Livret de 3 à 4 pages en PDF, écrit par Juliette Cornille, éducatrice canin. Disponible immédiatement dans votre espace client après achat.

Voir la fiche complète (9 €)

Quand il faut se faire accompagner

Faites-vous accompagner si votre chien aboie, grogne ou se jette vers les autres chiens ou les passants en laisse ; s'il vous met en danger physique ; s'il tousse, tire au point de s'étrangler ou montre une gêne à l'effort ; s'il refuse de sortir ou se fige dans la rue ; ou si aucune évolution n'apparaît après quatre semaines cohérentes.

La marche en laisse se travaille très bien en séance, parce qu'un oeil extérieur voit en dix minutes ce qui se joue dans vos mains et dans votre rythme. C'est le type d'exercice où le présentiel apporte le plus, sur cynosens.fr.

Rappel important : une traction nouvelle, une boiterie, une gêne à l'effort ou une toux répétée doivent d'abord faire l'objet d'une visite vétérinaire. Aucune méthode d'éducation ne remplace un diagnostic médical.

On ne maîtrise pas un chien. On compose avec lui, on négocie, on échange, et ensemble on réussit. Patience, constance et confiance.

Juliette Cornille intervient à domicile dans le Gard, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, à Avignon, Nîmes, Villeneuve-lès-Avignon, Saint-Rémy-de-Provence et 190 autres communes. Le premier échange est gratuit.

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